Conseil stratégique
Bernard Spitz, le transculturel
Le nouvel Economiste Transatlantic - Supplément au n°1279, vendredi 12 novembre 2004 par A.-E.M.
Ce conseiller d’État,ex-directeur de la stratégie pour Vivendi Universal, a travaillé aux États-Unis dès le début d’une
carrière démarrée par le journalisme (au Monde,à CBS News et au New York Times),poursuivie par un MBA de l’Essec qui l’a
amené à travailler au Crédit Lyonnais New York,avant de céder aux sirènes de la haute administration. Se trouvant à l’interface de l’exception culturelle et du marché à - notamment comme directeur délégué de Canal Plus dans les années 90 à - ce spécialiste des médias en ait retiré une vision transculturelle qu’il applique au conseil en rapprochements transatlantiques. "La complexité des rapports entre la France et les États-Unis depuis deux siècles tient d’abord à un choc d’universalités",dit-il.
Aux Américains, Bernard Spitz enseigne les évolutions de l’État-providence et de la démocratie sociale européenne (conférences au MIT et à NYU cette année). En France,il est le co-éditeur, avec Roger Fauroux, des best-sellers collectifs Notre Étatet État d’urgence, et le secrétaire général du club de réflexion "En Temps réel", qui invite à ses conférences leaders économiques, politiques et militaires américains.
Bernard Spitz considère qu’il faut savoir dire non à une transaction où les clashs culturels sont prévisibles. Représentant Canal Plus pour discuter de partenariats potentiels avec le deuxième parc à thème cinéma projeté par Disney Paris, il conclut que la chaîne à péage n’a rien à gagner dans l’affaire. Lui aussi,comme Pascal Baudry, estime que Disney a tort de ne pas européaniser son parc, et cite précisément l’absence de boissons alcoolisées. La structure léonine des royalties à - Disney d’abord, les miettes aux partenaires à - le rebute.Et il prédit que si le parc existant arrivera bien à attirer des touristes de l’Europe entière, il faudra trop de temps aux Français pour prendre le réflexe Disney.
Poisson-pilote dans les milieux économiques et politiques à Paris, Bernard Spitz sait aussi débroussailler la dimension européenne,en particulier dans le domaine de la législation de Bruxelles sur la concurrence, dont les nuances sont parfois utilisées comme "poison pill" pour bloquer des transactions transatlantiques. Et pour les Français,ses années chez Vivendi-Universal garantissent une expérience de première main de la nouvelle législation et des pratiques financières et économiques américaines.
